Ce 29 janvier 2026, l’Anafé1 (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) publie une analyse détaillée des dispositions du Pacte européen sur la migration et l’asile applicables aux frontières, ainsi que de la refonte du Code frontières Schengen, et alerte sur les conséquences désastreuses de ces textes pour les personnes en migration se présentant aux frontières françaises. Cette publication montre que, loin de constituer une simple réforme technique, ce nouveau cadre consacre une logique globale de suspicion et de criminalisation des migrants, en particulier africains, à travers la généralisation de la « fiction de non-entrée », l’enfermement systématisé et la mise en place de dispositifs de filtrage sécuritaires fondés sur la biométrie, le croisement massif de données et des procédures d’asile accélérées exposant à un risque élevé de refoulement.
1 « Contrôles et enfermement aux frontières : outils d’une politique raciste décomplexée », Synthèse. Janvier 2026
À partir de cette lecture, Migrapress a procédé à une analyse approfondie du travail de l’Anafé, en examinant les implications au-delà du seul espace frontalier français et européen. Cette analyse s’est attachée à étudier les effets indirects et structurels de ce nouveau cadre européen sur le Maroc, en tant que pays à la fois de transit, d’installation et partenaire stratégique de l’Union européenne en matière migratoire.
En articulant tri, enfermement et « retour » au sein d’un continuum de privation de liberté, tout en facilitant les contrôles et les renvois aux frontières intérieures au nom de la sécurité ou de la santé publique, ce dispositif participe à la consolidation d’une véritable « forteresse Europe » et à la banalisation d’une politique migratoire racialisée.
La lecture proposée par Migrapress met en évidence que ces transformations ne se limitent pas aux frontières de l’Union, mais produisent des effets de débordement vers les pays tiers.
En s’appuyant sur des pays comme le Maroc, présenté simultanément comme partenaire stratégique et pays d’origine « sûr », ce cadre européen renforce les dynamiques d’externalisation des contrôles migratoires et contribue à reconfigurer en profondeur les politiques migratoires nationales, ainsi que les conditions de vie, de circulation et de protection des personnes migrantes sur la rive sud de la Méditerranée.
