En se basant sur un récent communiqué d’Amnesty International intitulé : « UE/Tunisie. Trois années de coopération entre l’UE et la Tunisie en matière de migration », cette étude de Migrapress analyse de manière critique le partenariat migratoire entre l’Union européenne et la Tunisie à partir d’une perspective issue du Sud global. Elle montre que derrière la baisse des départs irréguliers vers l’Europe se dessine une transformation profonde de la gouvernance migratoire européenne, caractérisée par l’externalisation progressive des frontières vers les pays du Sud.
L’analyse met en évidence que cette coopération repose avant tout sur une logique de performance sécuritaire, où la réduction des flux migratoires devient l’indicateur principal de réussite, souvent au détriment de la protection effective des personnes migrantes. Elle souligne également les profondes asymétries qui structurent le partenariat UE-Tunisie, la délégation des responsabilités en matière de contrôle migratoire et la tendance croissante à traiter les migrations comme une question de sécurité plutôt que comme un phénomène humain, économique et géopolitique.
Enfin, l’étude dépasse le cas tunisien pour en tirer plusieurs enseignements destinés au Maroc. Elle plaide pour une coopération internationale fondée sur la souveraineté nationale, le respect des droits fondamentaux, la production autonome de connaissances et une vision équilibrée de la migration articulée autour du développement, de la coopération africaine et des intérêts stratégiques du Royaume.
