Au moins 400 ressortissants sénégalais hébergés dans les centres d’accueil d’Argoub et de Bir-Gandouz, dans le sud du Maroc, devraient regagner leur pays dans le cadre d’une opération de retour volontaire prévue entre la fin octobre et le début novembre. Cette initiative intervient dans un contexte de pression accrue sur les structures d’accueil, confrontées à l’arrivée de nombreux candidats à la migration irrégulière.
Plus de 400 Sénégalais actuellement accueillis dans les centres d’Argoub et de Bir-Gandouz, dans le sud du Maroc, sont inscrits sur les listes d’une opération de retour volontaire vers leur pays d’origine. Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), qui cite une source diplomatique, les départs doivent s’échelonner entre la fin de cette semaine et la semaine suivante.
Le dispositif prévoit le transport des personnes concernées à bord de dix autobus, d’une capacité de 40 passagers chacun. Un premier convoi de trois bus devait quitter le territoire marocain vendredi, tandis que d’autres départs étaient programmés les 3 et 5 novembre. Une nouvelle opération de rapatriement serait également en préparation pour la deuxième semaine de novembre.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des interceptions d’embarcations transportant des candidats à la migration irrégulière au large des côtes marocaines. D’après la même source diplomatique citée par l’APS, trois pirogues transportant au moins 500 personnes ont été interceptées par la Marine royale dans les eaux territoriales marocaines entre le 19 et le 25 octobre. Parmi les passagers figuraient environ 300 Sénégalais.
Les embarcations seraient parties des côtes du Sénégal et de la Gambie. La présence de nombreuses femmes et de nombreux enfants, y compris des nourrissons, parmi les personnes interceptées a également été signalée.
Des centres d’accueil sous pression
Au-delà de l’organisation des retours, ces arrivées successives mettent en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les structures d’accueil dans le sud du Royaume. Selon la source diplomatique rapportée par l’APS, quelque 800 personnes, originaires principalement du Sénégal, de la Gambie, du Mali et de la Guinée, ont été recensées ces derniers jours dans ces centres.
Cette concentration de personnes pose des défis logistiques et humanitaires, notamment en matière d’hébergement et de prise en charge des personnes les plus vulnérables. Elle souligne également la diversité des parcours migratoires qui convergent vers le sud du Maroc, devenu un espace important de transit et de contrôle des mobilités en direction des îles Canaries.
Le recours au retour volontaire constitue l’une des réponses mobilisées par les autorités face à ces situations. Mais l’effectivité de ce dispositif ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes transportées vers leur pays d’origine. Elle dépend aussi du caractère libre et éclairé de la décision de retour, des conditions dans lesquelles elle est prise et des perspectives de réintégration offertes aux personnes concernées.
À cet égard, les informations communiquées sur l’opération ne précisent pas les modalités d’accompagnement au retour ni les mécanismes destinés à garantir le caractère volontaire des départs. Ces éléments restent essentiels pour apprécier la portée humaine et sociale de cette opération.
