Cet article analyse un corpus de commentaires Facebook relatifs aux jeunes filles marocaines mineures présentes à Sebta en juillet 2026. S’inscrivant dans le programme de recherche du Baromètre MigraPress sur les discours de haine et de stigmatisation dans l’espace numérique marocain, il dépasse la simple identification des propos insultants pour déconstruire les mécanismes discursifs qui transforment une situation migratoire et de vulnérabilité en procès moral des personnes concernées. L’analyse dégage dix dimensions constitutives d’un continuum discursif allant de l’inquiétude banalisée à la déshumanisation sexualisée, et propose une hypothèse générale : le discours hostile envers ces mineures ne relève pas uniquement d’un rejet de la migration — il constitue un dispositif de contrôle social du corps féminin, de la sexualité, de la famille et de la jeunesse, dans lequel la migration fonctionne comme révélateur supposé d’une crise morale plus large de la société.
