Analyse des données HCR (juin 2026)Note analytique
Les données officielles du HCR Maroc à fin juin 2026 révèlent une réalité que les discours sur la coopération migratoire euro-marocaine tendent systématiquement à effacer : la présence sur le territoire marocain d’une population de 23 615 réfugiés et demandeurs d’asile, en croissance de 21,8% en douze mois, majoritairement originaires de zones de conflits actifs (Soudan, Syrie, Centrafrique) et incluant des milliers d’enfants.
Cette note analytique du Centre MigraPress décrypte ces chiffres pour ce qu’ils signifient réellement : non pas une « crise migratoire » marginale, mais le symptôme d’un système de protection structurellement sous-financé (58% du budget non couvert à fin juin), d’une absence de loi nationale sur l’asile après douze ans de Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile (SNIA), et d’une hiérarchie des priorités internationales où contrôler les migrations coûte trente fois plus que protéger ceux qui migrent (300 millions d’euros de coopération frontalière UE-Maroc contre 9,1 millions de dollars pour le HCR Maroc).
À travers sept axes d’analyse — des chiffres bruts à la géopolitique des nationalités, en passant par la démographie des enfants, la crise de financement, l’état des services et la position hybride du Maroc — cette note montre que les 23 615 personnes enregistrées ne sont que la partie visible d’une réalité bien plus large, et que leur présence au Maroc est la conséquence directe de conflits armés, de politiques de fermeture des frontières européennes et d’un système international de protection chroniquement défaillant.