Depuis 2014, l’Union européenne a clairement favorisé la domination des ONG internationales dans la gestion des projets migratoires au Maroc, reléguant les acteurs locaux à un rôle secondaire. Ces grandes organisations internationales monopolisent les financements et concentrent le pouvoir décisionnel, imposant leurs méthodes et priorités souvent sans réelle concertation avec les collectivités territoriales et les acteurs du terrain.
Ce choix crée un déséquilibre flagrant : l’expertise technique des ONG internationales devient la clé d’accès aux fonds européens, tandis que les véritables acteurs locaux, pourtant au plus près des populations migrantes, sont marginalisés.
Cette suprématie des ONG internationales engendre un système où les actions sont déconnectées des besoins réels et spécifiques du terrain. Au lieu d’encourager un engagement local fort et adapté, elle favorise une approche bureaucratique et rigide, où les priorités sont dictées par des agendas externes plutôt que par les réalités vécues. Ce modèle, bien qu’efficace sur le plan institutionnel, fragilise l’impact durable des politiques d’intégration et restreint la capacité des communautés locales à s’approprier et à piloter leur propre développement.
Ainsi, la suprématie des ONG internationales dans la gouvernance migratoire au Maroc illustre un déséquilibre préjudiciable qui freine l’émergence d’une véritable appropriation locale et compromet l’efficacité des interventions sur le long terme.