La Côte d’Ivoire a enregistré une hausse importante du nombre de migrants de retour pris en charge par les dispositifs publics. À fin septembre 2026, ils étaient 4 125, contre 2 313 sur l’ensemble de l’année précédente. Une progression qui remet au premier plan les enjeux de financement, d’accompagnement et de réintégration durable.
Le nombre de migrants de retour pris en charge par les autorités ivoiriennes a nettement augmenté en 2026. À fin septembre, 4 125 personnes avaient bénéficié d’un accompagnement, contre 2 313 sur l’ensemble de l’année 2025. Dans le même temps, le nombre de migrants assistés est passé de 3 463 à 3 853, selon les données présentées jeudi 29 octobre à Abidjan par le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso.
Ces chiffres ont été communiqués à l’occasion de la deuxième édition de la Conférence nationale sur la réintégration des migrants, consacrée à la mobilisation des ressources et au renforcement des mécanismes d’accompagnement des personnes de retour. Pour le ministre, cette évolution traduit une augmentation des besoins auxquels les pouvoirs publics doivent répondre, notamment en matière d’insertion sociale et économique.
L’ambition affichée par le gouvernement est de faire du retour au pays non pas une simple étape administrative, mais le point de départ d’un nouveau parcours. Celui-ci devrait reposer sur l’autonomie des bénéficiaires, leur insertion professionnelle et leur contribution au développement de leurs communautés d’origine.
Les dispositifs envisagés comprennent notamment la formation professionnelle et le soutien aux activités génératrices de revenus. L’enjeu consiste ainsi à dépasser une logique d’assistance immédiate pour construire des conditions de réintégration susceptibles de favoriser une stabilité économique et sociale dans la durée.
La réintégration, un enjeu de coordination et de financement
Parmi les initiatives présentées figure le projet KITLANY, porté par la plateforme Stay in Africa. Il prévoit l’accompagnement de 300 bénéficiaires : 200 migrants de retour et 100 jeunes issus de territoires particulièrement concernés par les phénomènes migratoires.
Pour Adama Dosso, la réintégration ne relève pas d’un seul secteur institutionnel. Elle suppose une mobilisation coordonnée de plusieurs domaines d’intervention, notamment la jeunesse, la culture, le tourisme, la formation et l’insertion professionnelle.
Placée sous le thème « Mobilisation coordonnée des ressources : accélérer les mécanismes de financement et les processus décisionnels pour une réintégration durable des migrants et le développement des territoires », la conférence entend transformer les engagements politiques en actions concrètes, soutenues par des financements et des mécanismes opérationnels mesurables.
Un panel de haut niveau consacré à la gouvernance et à la coordination institutionnelle a également réuni plusieurs membres du gouvernement, dont Siandou Fofana, Adama Dosso, Françoise Remarck et Mamadou Touré. Les échanges ont notamment porté sur la coordination des politiques publiques et le renforcement de la sensibilisation auprès des personnes susceptibles d’envisager une migration irrégulière.
La progression des chiffres de prise en charge pose toutefois une question centrale : celle de la capacité des dispositifs existants à accompagner durablement un nombre croissant de bénéficiaires. Car le succès d’une politique de retour ne se mesure pas seulement au nombre de personnes rapatriées ou assistées, mais aussi à leur capacité à retrouver des perspectives économiques et sociales dans leur pays.
En Côte d’Ivoire, le défi est désormais de faire de la réintégration un véritable instrument de développement territorial, plutôt qu’un dispositif limité à la gestion des retours.
