Depuis 2014, la coopération migratoire entre l’Union européenne (UE) et le Maroc s’est renforcée, principalement à travers le Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique (EUTF). Ce partenariat, mobilisant près d’un milliard d’euros depuis 2014, oscille entre objectifs de développement, sécurité et contrôle des flux migratoires. Le Maroc a adopté en 2014 la Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA) qui coexiste avec une montée progressive de la coopération sécuritaire européenne, notamment après la crise migratoire de 2015. Entre 2018 et 2025, les financements sécuritaires ont connu une forte augmentation, dépassant les 170 millions d’euros, tandis que les moyens alloués à la protection, à l’intégration et à la migration légale sont restés marginaux. Les financements directs représentent moins de 1% du budget marocain, mais leur impact politique est majeur, orientant la gestion migratoire du Maroc au service des priorités européennes. Cette situation génère une perception sociale négative au Maroc, où est largement répandue l’idée que l’UE « paie » pour que le Maroc retienne les migrants. Afin d’équilibrer ce partenariat, il est urgent de réaffirmer la souveraineté marocaine, de renforcer la transparence et la répartition équitable des financements, en privilégiant l’intégration et les droits humains, et de favoriser des accords de mobilité légale durables entre les deux partenaires.
