Le retour comme instrument de contrôle des mobilités
Selon des données présentées récemment par les autorités tunisiennes, 5 077 personnes en situation irrégulière ont quitté volontairement la Tunisie depuis le 1er janvier 2026, portant à 25 351 le nombre total de bénéficiaires du dispositif depuis son lancement[1].
Ces chiffres ne constituent pas seulement un bilan administratif. Ils permettent d’observer une transformation plus profonde de la place de la Tunisie dans le système migratoire euro-méditerranéen.
La Tunisie est historiquement un pays d’émigration. Des centaines de milliers de Tunisiens vivent aujourd’hui à l’étranger, principalement en Europe. Le pays est également un espace de circulation, de départ et, depuis plusieurs années, de destination ou de transit pour des ressortissants d’autres pays africains.
Cette pluralité des positions est essentielle pour comprendre la situation actuelle. La Tunisie n’est plus simplement un pays de départ vers l’Europe : elle devient également un acteur du contrôle des mobilités africaines vers l’Europe.
La déclaration du ministre tunisien des Affaires étrangères Mohamed Ali Nafti[2], selon laquelle la Tunisie refuse d’être « une terre d’installation ou de transit », prend ainsi place dans une architecture plus large de gestion des migrations.
[1] Mohamed Fethi , « Migration : Plus de 5000 retours volontaires depuis la Tunisie en 2026 », 23 septembre https://www.webdo.tn/fr/actualite/national/migration-plus-de-5000-retours-volontaires-depuis-la-tunisie-en-2026/404433/
[2] Ibid