Signature: L5Wfjy9mImc/gXqGTgFIOqW4ZNtcEKKCpoFfT8pov5mcrgKSsdydsBM6aOklUE/W6qRVIY8IHFCYrb+HeSTfm4HplbXS+HLhiygS7NvO+jVyRl+cOLyDXZ0xZXAyBJnExjtR72OVx7XFphlr3b8MtT00TgdMlqf1zwsRQsl+tePysd0mtZK40wpdSOt96XGsY/lVb2ahtMkkGqpFfcSD6wbOXVkdeYKL6BgvGgjnR5P4TtyupDWV1/NlyH7qyAozyaWFRzl8rSo3ESHx9V+rx8GTp7f81SkxpEB0Pt27nWTIYQQ/SUTU6ygYXTLT7nk5uIfLIZa0zlahTWkAzkRnBPCm17a8cbC4qNzhu0t35z0xkoaZdvCcXN9HcESK3Xz+U9jqm8VMj7gIA2uQG2E9rvo6QEHPQk0ipnZlVjpg6f9ojeFWCQSi/ku4DvDeCIAAh27eYUgHnaGKN4o/ulpCOO7BBuAA3I/rnubq9vE1OwwpkK+/AYAk91if8PB/r1dOzKSUBE+cr7/IkQQWHdmrxcDtLLJiluJVReezZyk2TgnD+jMzPsXzxCIG/p9l6rwQRgQXHQ+P0OhbhaMx1iZ1YRcUZ51W+vJkzKscjFuW2HxaOSJVa0rMRkCIIqiBFX7Nd9IIerPIfwlem9+DEhNIqRU2CwNKbezm9dEOBvYgpZg/G+zEz4Pr9Ali5Y52kerBg09OAk83gZZEKgecAldtx06MtGciEzN9C2B2UxyZ7um5hv3ZD+tx8ejtgyF0cylm4MYvysL+XIaIwUjFUnDI1DgxJ3wTPDD5Ng7O4KKrjRTdzTr9Nt5LFlcE8vwpU/7xmpHwQHpLYrpFCGmPr0rE7Oo6kQVVXd9DOn9+WMA1HZFotQHFTTRT1l5hStzUcIZbXtyJaYB1mlYMXnPTcNVidBumNA1tBitTCkk1cN6mxAaAAAD+6DBRRt76MZFslHDlUzqk6qdad39O4oKgkJ0R5wXXBNkh4F8MFPQ5AkCnCus=
Cartographie d’un écosystème numérique anti-migrants au Maroc
Cette étude constitue la deuxième édition du Baromètre MigraPress sur les discours de haine anti-migrants au Maroc et repose sur l’analyse d’un corpus de 863 publications Facebook, YouTube et TikTok issues d’un espace numérique explicitement dédié à la diffusion de contenus hostiles aux migrants subsahariens. L’objectif est de mesurer non seulement la présence du discours de haine, mais également son intensité, ses ressorts narratifs, son potentiel de diffusion et son évolution par rapport au premier trimestre 2026.
Les résultats montrent une radicalisation préoccupante du discours. Les contenus haineux, stigmatisants et discriminatoires représentent plus des trois quarts des publications analysées, tandis que les contenus relevant d’une critique argumentée demeurent extrêmement minoritaires. L’analyse révèle également une forte intensité émotionnelle des publications, dominées par la colère et la peur, deux émotions qui jouent un rôle central dans les mécanismes contemporains de polarisation numérique.
Le corpus met également en évidence un niveau exceptionnellement élevé de désinformation, puisque près de deux tiers des contenus diffusent des informations fausses, décontextualisées ou non vérifiées. Cette désinformation constitue moins un phénomène autonome qu’un support rhétorique permettant de légitimer la stigmatisation des migrants.
L’étude montre en outre que les contenus les plus radicaux sont ceux qui génèrent les niveaux d’engagement les plus élevés. Les publications appelant explicitement à la violence ou mobilisant des représentations sécuritaires des migrants obtiennent les volumes les plus importants de réactions et de partages, confirmant le rôle des algorithmes des plateformes dans l’amplification des contenus émotionnels.
Enfin, la comparaison avec le Baromètre MigraPress T1 2026 révèle une évolution qualitative importante. Alors que le premier rapport mettait principalement en évidence une montée de la polarisation et de la désinformation dans l’espace public numérique, cette nouvelle édition montre que ces phénomènes tendent désormais à s’inscrire dans des communautés numériques structurées, où la haine devient progressivement un mode ordinaire de production et de circulation de l’information.
Insights clés
- 76,4 % des contenus analysés relèvent de la haine, de la stigmatisation, de la discrimination ou de l’incitation à la violence, confirmant l’existence d’un espace numérique fortement polarisé.
- 72,4 % des publications présentent une intensité moyenne ou forte, traduisant un niveau avancé de radicalisation discursive.
- 65,1 % des contenus contiennent des informations fausses ou non vérifiées, ce qui confirme le rôle structurant de la désinformation dans la fabrication du rejet des migrants.
- Les contenus les plus radicaux sont également les plus viraux : les appels à la violence enregistrent les niveaux d’engagement les plus élevés.
- Les analyses statistiques montrent que l’intensité émotionnelle constitue un facteur bien plus déterminant de la viralité que la présence ou non de fake news.
- Le thème de la sécurité et de la criminalité représente près de 40 % du corpus, confirmant la centralité de la sécuritisation dans la construction du migrant comme menace.
- Les émotions dominantes sont la colère, la peur et les appels à l’autorité, illustrant une économie affective propice aux dynamiques de radicalisation.
- Comparativement au Baromètre T1 2026, on observe un passage d’une simple montée de la haine à une institutionnalisation progressive de communautés numériques spécialisées dans la production et la diffusion de récits anti-migrants.
- Les contre-discours demeurent extrêmement faibles et peinent à concurrencer les récits négatifs, ce qui contribue à la normalisation progressive des discours discriminatoires.
- Les résultats confirment que les plateformes numériques jouent un rôle actif dans l’amplification des contenus émotionnels et polarisants, renforçant ainsi la visibilité des discours de haine.
